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Disque Bi / Ref J108




























Légende Photo: > Disque à collet./ Chuling bi /
Ref. J114







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Disque bi / Xuanji / Ref J109

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



















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Bi surmonté d'un dragon / Ref. J115






















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Disque bi encadré de quatre têtes animales./ Ref. J133

















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Disque yuan / Ref. J119

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A propos du disque Bi

Le "Bi" ou "Pi" de jade, est un disque percé d'un orifice circulaire en son centre. Il symbolise depuis des millénaires l'univers céleste, rond et infini, la création, le rang social et le pouvoir suprême.
On le dénommait également dans l'antiquité " Le trésor à hériter par ceux qui sont sous le ciel ". De taille variable suivant l'usage et les époques, son épaisseur
varie de 1 à 10 mm. Le dictionnaire du savant Xu Shen, sous la dynastie des Han (206 av. J.C. - 221 ap. J.C.) le décrit de la façon suivante : "le bi est un jade annulaire auspicieux plat. Quand le rou (disque) a le double de la largeur du hao (trou central) il est appelé bi. Dans le cas d'une couronne et d'un orifice central d'égales largeurs, nous avons affaire à un huan. Cependant quand l'orifice central est le double de la largeur de la couronne on l'appelle yuan.". Cette classification est donc affaire de connaisseur et de phonétique.



· Le bi fut tout d'abord un objet rituel ou de cérémonie permettant de célébrer le culte du Ciel et certainement celui du Soleil. Les bi néolithiques sont épais, de grande taille, peu, voire non décorés. A cette époque, on l'associe à la colonne cong, symbole terrestre.

· La période subnéolithique et en particulier la dynastie des Shang (1600 - 1027 av. J.-C.) a vu l'apparition de disques ourlés autour de l'orifice central (Chuling bi). Ces mêmes disques se retrouvèrent dans la culture de Sanxingdui au Sichuan, à peu près à la même époque. Certaines pièces portaient les traces d'incisions tracées en cercles concentriques. D'autres disques insolites, indentés, appelés Xuanji, apparus au néolithique tardif, ont traversé la période Shang. Ces pièces ont été longtemps identifiées comme étant des instruments d'astronomie, ou jauges stellaires. La tendance actuelle privilégie la thèse de la représentation dentée de la puissance des esprits.

· Les Zhou (1050 - 256 av. J.-C.) nous ont laissé des bi à double couronne. Les textes de la fin de cette époque indiquent que l'Empereur utilisait les bi lors de cérémonies de sacrifices célestes. Il est mentionné dans le Zhouli ou Chouli, Livre des rites Zhou (1050 - 256 av. J.-C.) : "Adorer le ciel avec un Bi vert".
Les motifs torsadés apparaissent, les motifs de grains germants également. La forme et le style de ces derniers évolueront au cours des siècles suivants. Les tressages sont présents, les animaux fabuleux aussi. Dragons, phénix, et autres masques, dits Tao Tié sont de mise. Les nuages stylisés, loin d'obscurcir le ciel de jade, lui donnent un aspect raffiné. Les masques s'affinent, le travail en bas-relief témoigne d'une remarquable habileté.


· La période des Printemps et Automnes (770 - 475 av. J.-C.) et des Royaumes Combattants (475 - 221 av. J.-C.) voient le développement de représentations de dragons "Chi", de tressages remarquables identifiés à l'aristocratie masculine, et de grains qui germent, en hommage à la fertilité. Les disques sont bordés de lignes fines et lisses. Si la créativité stagne ensuite, la finesse y gagne. Le "toucher" du jade, cher aux amateurs, est plus que jamais délicat. Les pièces de taille importante sont cependant rares, certainement du fait de la dimension des blocs disponibles, désormais importés de très loin, taxés et découverts pour beaucoup sous forme de galets plats et autres nodules. Le jade est à dominante vert pâle translucide, voire jaune pâle. La nature le marquera de son empreinte (calcification, traces d'oxydes métalliques…) mais d'une façon moindre que les jades préhistoriques. Le disque bi devient un élément de parure très prisé, associé à des perles longues ou sphériques et à des sortes d'arc-en-ciel parfois à motifs de dragons, appelés Huang. Les dragons "chi" dépassent les limites du disque et obturent parfois le trou central du disque.

· Les Qin (221 - 206 av. J.-C.) et les Han (206 av - 220 ap. J.-C.) reprennent avec bonheur l'acquis artistique des Royaumes combattants. Les phénix et autres dragons ornent de leurs reliefs la surface des disques et sortent des limites de l'objet d'une manière fort esthétique.

Si vous vous rendez à Canton et si vous êtes amateurs de jades, la sépulture impériale de Nanyue, découverte en 1983, et son musée vous raviront. Des centaines de disques bi, datant de 122 avant J.C. ont été exhumés ; certains de grande taille, découverts près du corps du défunt, et d'autres plus petits, chefs d'œuvres empreints de finesse, qui étaient des décorations pectorales. Rouge de cinabre, vert d'oxydes métalliques, blancs dits de calcification, ont exercé au cours du temps des modifications étonnantes dans l'aspect de ces objets enfouis depuis plus de 2000 ans. Cette collection donne un excellent aperçu de l'art du bi sous la dynastie Han. Le disque bi a donc profondément évolué, du Néolithique tardif aux premiers empires.

· La dynastie Tang (618-907 ap. J.C.) reconnut également le bi comme un symbole céleste.


· Les Song (960-1279 ap. J.C.) ont apporté leur contribution raffinée à la survivance du bi et l'ont reproduit comme ils l'ont fait avec d'autres jades, antérieurs de 1000 ans et plus. De là vient la différence entre le jade archaïque et le jade archaïsant. Mais ceci est une autre histoire.

· Le bi traversa l'époque Yuan (1279-1368) puis celle des Ming (1368-1644). Peu après, durant la période Ching (1644 - 1911), sous le règne de l'Empereur Qianlong (1736 - 1795), une grande partie du stock de jade des entrepôts impériaux fut remodelé en disques, bi et huan entre autres. Poète à ses heures, Qianlong préconisa la gravure des poèmes impériaux sur les jades, ainsi que des marques de règne à quatre caractères en grand nombre.
Pour en terminer avec les curiosités liées au bi, il me faut citer les bi ovales que l'on trouvait par exemple sous les Royaumes combattants, les bi frangés, qui apparurent vers la même époque et qui étaient bordés de motifs, tels les dragons "chi", les bi à crête, avec leur prolongement ouvragé de motifs divers sur le dessus, les bi dentés à créneaux, les Lian huan, disques à gros trous formés de trois parties égales et assemblées, et le Jue sorte de disque fendu. Le Gui-bi est, quant à lui, un objet de jade formé d'un disque bi, superposé avec un Gui, sorte de lame pointue. Cet objet est devenu sous les Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.) un symbole taoïste destiné à honorer les puissances célestes.
De nos jours, le disque bi jouit d'un intérêt toujours constant. Sa forme intemporelle défie les millénaires.